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Olde temps qui passe
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Écrit par patrcik
  
Temps mort


Sais-tu que je t’adore, toi qui sait si bien faner mon corps, l’andainant toujours un peu plus pour qu’à la fin bien sec il ne prenne trop de place dans la boîte ? Au prix où est le bois, l’obésité devient un crime es-héritiers, imposons les cercueils, au diable et au porte-monnaie les gros, encore un bonus-malus à valider.

En t’attendant puisque tu ne fais que passer et me conduire à ma perte, je me secoue, m’agite et profite de l’air libre pour m’épuiser à repasser ces souvenirs que tu égrènes, les classer, les dater avant de sombrer dans les approximations et finir par tout mélanger, oublier, laisser tomber, cela évite de se charger. Partir l’esprit clair, c’est-à-dire absolument vide. Laisser un corps (et un coeur) sec comme un moi mort.

Et le jour où tu t’arrêteras, essaye de ralentir un peu avant pour un simple et dernier regard poser sur ceux qui me sont chair.

Merci, moi aussi je ne fais que passer mais plus ça passe, plus ça me lasse de ne pas avoir le temps.

Commentaires
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fabyfaby   |2008-09-25 18:27:24
Beaucoup aimé cet hommage au temps qui passe. De très belles images. J'adore la dernière phrase, très vraie.

patrcik  - merci   |2008-09-25 18:32:28
Merci faby de prendre ton temps pour le déposer ici en mots très doux, couleur d'automne où le frais mord un peu la chair de ceux qui dans les prés arpentent encore :o)

catox   |2008-09-25 19:22:20
Peut etre que ca te fait une belle jambe mais J AI AIMME, et ADORE le 'sais tu que je t'adore, toi qui sait si bien faner mon corps'. A cet instant ce n'était plus Pat mais Patrick Rimbaud. Oui monsieur, la mort s'est encore jouée de nous, elle t'a ressucité l'ame de ce poete pendant 2 secondes, juste pour nous rappeler qu'elle est maitresse en son domaine.

Andain qu'est ce que ca veut dire t'il? 'Trouble dans les andains' c'est un bouquin?

Réponse de l'auteur :

Lorsque le paysan fane (ou coupe l'herbe) il la regroupe ensuite en longues files étroites (comme autant de cercueils) dites "andains" avant de la mettre en botte (comme la mort nous entasse). Quant à te ravir, rassure-toi je ne mords ! Sympa en tout cas de venir humer ici ces senteurs d'automne où le temps sait encore se suspendre avant de fondre en flocons. Bises sur nous.

Caroline...   |2008-09-25 20:47:42
J'aime, surtout "ceux qui me sont chair" et puis le ton du texte en général.

Pourtant je suis très mauvaise cliente des lamentations sur le temps qui passe et ce bien que l'on me fasse toujours la même réponse idiote : " Tu dis ça maintenant mais..."

Je verrai oui j'espère bien, je verrai mon corps se faner, le temps s'accélérer et oui je repenserai à vos mots (j'ai une très bonne mémoire affective)et oui d'accord il ne m'en restera jamais assez pour finir tout ce que j'aurai à finir mais...

...j'aura i vécu, je serai une petite vieille toute ridée (ça c'est mon vrai vieux rêve) et je veillerai à mourir pleine, gorgée des vies qui me sont chair et de celles , intimes, que j'aurai transportées et tenté de faire vibrer à ma juste note, celle-là même qui sonnera le glas pour m'avertir qu'il est temps de tirer ma révérence....et les pissenlits par la racine.

Réponse de l'auteur :

De lamentation il n'est question et lorsque je deviens sec, cela veut dire que mon corps se libère de tous ses fardeaux, s'évapore pour au gré du vent aller peut-être fertiliser une pensée ici ou là. Donner de soi pour ne rien laisser se perdre au fond de sa tombe, oui c'est un credo défendable. Peu m'importe d'ailleurs de faire ce qui me séduit, je préfère toujours faire ce qui rend heureux cet autre qui m'est chair car au fond de son bonheur se nourrit peut-être mon égoïsme et en cela alors je veux bien demander pardon :o) Puis, hier était une forme d'anniversaire personnel, un de ces instants où l'on se regarde pour rien de spécial mais où le rendu reste malgré tout fort plaisant.

Sylviane Kerivel  - En douceur   |2008-09-25 22:40:25
Un petit tas de "moi mort " pour ranimer la vie, celle qui palpite encore et ne dit pas tout de suite son dernier mot ...

Réponse de l'auteur :

Mordons la Vie non pour lui infliger nos traces mais pour la croquer à pleines dents, celle qui nourrissent nos proches, celles qui ne sont pointues que pour les défendre et les guider le plus loin possible sur ce merveilleux chemin de l'indépendance. Merci de votre venue.

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