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Temps mort
Sais-tu que je t’adore, toi qui sait si bien faner mon corps, l’andainant toujours un peu plus pour qu’à la fin bien sec il ne prenne trop de place dans la boîte ? Au prix où est le bois, l’obésité devient un crime es-héritiers, imposons les cercueils, au diable et au porte-monnaie les gros, encore un bonus-malus à valider.
En t’attendant puisque tu ne fais que passer et me conduire à ma perte, je me secoue, m’agite et profite de l’air libre pour m’épuiser à repasser ces souvenirs que tu égrènes, les classer, les dater avant de sombrer dans les approximations et finir par tout mélanger, oublier, laisser tomber, cela évite de se charger. Partir l’esprit clair, c’est-à-dire absolument vide. Laisser un corps (et un coeur) sec comme un moi mort.
Et le jour où tu t’arrêteras, essaye de ralentir un peu avant pour un simple et dernier regard poser sur ceux qui me sont chair.
Merci, moi aussi je ne fais que passer mais plus ça passe, plus ça me lasse de ne pas avoir le temps.
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