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Tom rêve qu’il est sur une plage. Il court après un oiseau étrange. Il sent les grains de sable rouler sous ses pieds et ralentir sa course. Il glisse, trébuche. L’oiseau est trop loin maintenant. Mais Tom se relève et continue de courir.
Tom se réveille. Il n’arrive pas à se souvenir pourquoi il voulait tellement attraper cet oiseau. Quel oiseau ? Les derniers grains de rêve fondent dans la réalité d’une nouvelle journée. Tom s’étire, baille, se lève.
Dans la cuisine, Mary presse des oranges d’un geste désespérément appliqué. Sa jupe ondule, caresse le creux nacré derrière ses genoux. Tom voit bien tout le mal qu’elle se donne, tout le temps, dans les moindres détails. Il se demande pourquoi elle veut tellement apprivoiser la perfection. La vie ça ne peut pas être toujours parfait. C’est ainsi, il faut s’y faire. Des grains de sable viennent parfois se nicher dans l’engrenage. Et toutes les burettes d’huile du monde n’y changeront rien.
Tom pose un baiser sur la nuque de Mary. - Tu sens bon, il murmure, la bouche encore contre sa peau. - Tu es heureux, elle demande, avec un drôle de chagrin qui tremble au fond de la gorge. - Terriblement ! - Alors pourquoi moi j’y arrive pas ? Tom n’a pas l’air de comprendre. - Tu n’arrives pas à quoi ? Les premiers rayons de soleil entrent en biais par la fenêtre ouverte. Un oiseau se pose sur le bord du balcon. Oh ! dit Mary. Mais l’oiseau s’envole alors elle saute pour le rattraper.
Tom émerge. Il y a du sable partout, entre ses dents, sous ses paupières. Il se souvient, ce matin, l’oiseau, Mary. Alors les larmes et la nausée débordent.
Tom regarde l'horloge. Il avale les cachets que le médecin lui a laissés. Comme une burette d’huile, inutile.
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