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C’était une boutique tenue par une vieille dame. Une boutique de lustres visitée par de vieilles clientes chuchotantes. Une boutique qui était sur mon chemin et tous les jours je passais à coté en jetant un coup d’œil au travers de la vitrine. J’étais fasciné par ces silhouettes sombres de cinéma muet, ces lèvres au langage silencieux. Les gestes aussi, comme ralentis.
Jusqu’au jour où tout disparu, les lustres, la vieille et les clientes chuchotantes, envolés, écrasés, et maintenant y avait cette façade repeinte à l’haleine encore pleine de solvants. Y avait un banc aussi, en face.
Me suis assis à l’affut d’un évènement. Des gens entraient et sortaient mais c’était vraiment plus pareil, que des gens pressés. Une grosse dame en chapeau s’est assise à coté de moi, a déballé une tartelette au citron, l’a mangée et a repris sa route.
La vitrine me renvoyait très distinctement mon reflet, un vieillard assis sur un banc. J’ai juste été surpris d’être encore là.
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