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Je ne serai jamais ronde et radieuse comme la lune |
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C’est pas la fin du monde. C’est juste septembre, l’été qui se fait la malle, les jours qui se ratatinent. Et puis ce coup de cutter dans mon avenir. Dans notre avenir. Il va bien falloir que j’en parle à Tom... (Les couples en septembre)
Ce soir on dîne chez ses parents. Ca faisait longtemps. Son père m’accueille en souriant, le regard tendre et délavé. "On se fait la bise ?" Il passe son bras autour de mes épaules et cligne de l’œil. Sa mère me tend une main glaciale. "Vous allez bien?" Tom pince les lèvres, inquiet. Mais j’ai promis d’être sage.
Pendant l’apéritif la reine mère fait tinter son savoir. Puis elle balance quelques gros mots comme : mariage, accession à la propriété. Manquerait plus qu’elle parle de procréation.
A table elle darde sur moi son regard sévère d’ancienne instit’. Je plante mes coudes effrontés sur la nappe. Tom me balance un coup de pied sous la table. C’est vrai, j’ai promis d’être sage.
Les petits plats dans les grands me donnent la nausée. J’ai mal au cœur. J’attends le café. Elle me sert l’addition. Salée. Un album photos de Tom à sa naissance. Elle m’observe en coin et son visage s’écorche d’un sourire perfide. A quoi bon être sage?
Je m’enferme aux toilettes. J’y perds mon sang froid et la notion du temps, sans doute. Tom vient gratter à la porte. Ca va ? il demande. Mmmm, je réponds. Je l’entends qui m’excuse auprès de sa mère "Elle est un peu malade je crois". "Elle serait pas enceinte par hasard?" J’étouffe un éclat de rire en mordant dans le rouleau ouaté. Puis je tire la chasse sur mes larmes.
Après tout, cette histoire de ventre aride, c’est pas la fin du monde. C’est juste un point final à une phrase de ma vie. J’en écrirai d’autres.
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