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Avé Tévé
Ca faisait quelques siècles qu’on croyait au Bon Dieu Qu’on priait tous en chœur pour s’aimer en cachette Que les curés chantaient « il faut fermer les yeux Pour trouver la lumière tout en baissant la tête » Ainsi, tous les dimanches, nous allions à la messe Écouter la Nouvelle qui était toujours bonne, Le salut quoi qu’on fasse, pourvu qu’on le confesse Si tu dis que tu l’aimes alors Dieu te pardonnes !
Mais pourtant, peu à peu, le doute s’installa, Toujours les mêmes sermons, ça passe et puis ça lasse Rien ne prouvait au fond qu’il y ait un au-delà Ou que, s’il y en a un, il y reste des places. Puis surtout les prières répétées chaque jour Demeuraient sans réponse pour la plupart des gens Faut dire que, bien souvent, elles parlaient peu d’Amour Mais voulaient des miracles, du temps et de l’argent…
Et puis vint la Télé, comme un nouveau Messie Suivie par Sainte-Antenne, comme un nouveau clocher, Un nouveau con-vecteur pour réchauffer nos vies, Sauver notre moral(e) quelque peu amoché(e) Adieu les crucifix et bonjour l’audimat Les nouvelles sont moins bonnes mais elles sont en couleurs On est bien mieux chez soi, au chaud dans ses savates A se dire « quel bonheur d’être loin du malheur ! »
Des hommes pensent pour nous, ils nous pardonnent tout En montrant les coupables de tout ce qui va mal On n’ignore rien de rien même si on oublie tout Le sang est quotidien et l’horreur est banale… Rien n’a vraiment changé, c’est juste le progrès Qui veut que la conn’rie ait envahi les ondes Et puisqu’ils n’en sont plus à un miracle près ; Ils multiplient les chaînes…pour enchaîner le monde.
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