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Je voudrais voir votre Grand-père. Je la regardai intrigué, presque amusé, n’eussent été les circonstances. Vous savez, il est très malade, je ne sais si… Je sais qu’il est très malade. A ce moment, j’aperçu sa petite mallette noir.
Suis-je bête ! L’infirmière. Je la fis entrer ne ménageant ni civilités ni plates excuses. Vous remplacez Madame… Je ne remplace personne, la chambre s’il vous plaît ! Je l’accompagnai. C’était une femme encore jeune, aux traits parfaits mais ne laissant entrevoir aucune émotion, sa manière de s’adresser à vous, dénonçait un professionnalisme exacerbé assez irritant. Je demeurai dans l’embrasure de la porte. Spectateur silencieux je la regardais faire. De grands gestes au dessus du Papy endormi, psalmodiant, se dandinant. Une idée s’imposa à moi. Elle n’était pas infirmière. Je ne savais qui avait demandé à cette rebouteuse de venir ici, mais ce qui était sûr c’est qu’elle n’allait pas y rester longtemps. Je l’interrompis. Puis-je savoir ce que vous faites et qui vous a mandé. Elle me regarda. Je ne fais que ce que j’ai à faire et personne ne m’a conviée. Maintenant, cassez-vous ou j’appelle les flics. Je m’étais emporté, quelque chose m’échappait me mettant mal à l’aise. Elle n’en tint pas compte. Ah ! Le voilà, dit-elle soudain, un pâle sourire sur le visage. De sa mallette, elle sortit une paire de ciseaux dorés, puis je la vis couper dans le vide murmurant « Bon voyage ». Je demeurai comme interdit, témoin d’un rituel incompréhensible. Alors qu’elle s’en allait sans rien me demander, je lançai un timide « Mais qui êtes-vous donc ? » Je suis la mort, jeune homme ! Et devant mon air ahuri, elle ajouta : « La faux, ça fait ringard ».
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