|
Des dents et des yeux blancs comme ça Comme des bouts de lune dans tous les visages Des enfants qui courent autour des grands et qui crient Nuages de poussière rouge qui s’élèvent Et les enfants criards qui transpercent tout de leur joie bruyante
Des doudous des frous-frous de toutes les couleurs qui sortent des cases Des cris encore De la joie ou des pleurs on ne sait Et les remontrances des grasses beautés qui ne se démontent pas Elles en imposent paisiblement Et tout le paysage le sait
C’est un village tout en long Des huttes, de la tôle ondulée, de la ferraille Et sur l’unique piste Des camions qui brinquebalent leurs dix types Ils sont jeunes et grands Ils s’en vont suer et trier du métal Ils parlent toujours et encore des filles Y a pas à dire c’est vraiment elles qui mènent la danse Quand elles se maquillent Quand elles se coiffent Quand elles sortent enfin sur la place du village, celle où se rassemblent les gars
Des mecs en costard blanc apparaissent parfois On les voit au bout de la piste et ça soulève un long panache jaune Z’ont des bagnoles pas possibles Z’ont aussi plein de bijoux en toc Quand ils parlent avec les gars sur la place z’ont l’air de tout connaitre Z’en ont tellement vu à la ville Sont blasés dans ce village Mais quand la fille avec ses frous-frous s’approche Ses longs cheveux fraîchement lavés Maquillée et silencieuse Les petits qui courent et qui piaillent autour Quand la fille apparait y a vraiment plus que ça qui compte Le village africain le sait bien au fond Les gars en parleront demain et après demain dans les camions
Et moi qui suis si loin Sous 20° de clim Et moi qui suis si loin De toute cette vie qui braille
|