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Des murs épais comme leurs âmes |
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Epais, dans tous les sens du terme...
Je suis venu déneiger la route de la maison, c’était un mercredi en fin d’après midi. Le mettre en chauffe aussi, parce qu’avec ses murs qui font deux mètres à la base et ses fenêtres qui n’ont la moindre idée de ce que peut être un double vitrage, trois jours de gaspillage calorifique ne seront pas de trop pour qu’on puisse commencer les vacances sans garder les anoraks et les moufles à table ! J’ai bien remarqué la camionnette immatriculée « 33 » dans le chemin, j’ai pensé « des Bordelais, ici ? » et puis j’ai continué à soulever les plaques de neige soudées par le gel pour me frayer un chemin jusqu’au parking. C’est là que j’ai trouvé le premier cadavre. Il avait le pied retenu par un ancien piège à loup et des tendons, des nerfs que sais-je, je ne suis pas médecin, couraient entre ce pied et le reste de la jambe. Le deuxième était dans la cuisine, attablé, le sourire aux lèvres, quoique grimaçant, devant un bocal de conserve « maison » qu’il avait largement entamé. Le dernier avait la tête dans la cuvette des toilettes, il avait sans doute partagé la conserve avec son complice et s’était rendu compte d’une anomalie gustative gravissime. J’ai appelé mon beau-père, l’informant de la bonne fortune de ses pièges. Deux jours plus tard, le mur exposé nord comptait trois soubassements supplémentaires et nous passions une annonce dans le gratuit local pour la vente de pièces détachées d’une camionnette à prix tout à fait avantageux. On a sa conscience quand même !
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