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Résolument noir. Amertume. L’amer tue. La mer tue aussi mais le fait avec tellement plus de classe.
Il marche le long de la voie. Il marche sous la pluie dans le vent, dans le froid mordant qui l’insensibilise petit à petit, dans le soleil aussi, rares éclaircies dont il fait son bonheur. Il marche inlassablement, courbant parfois l’échine toujours se redressant. Il en a vu passer des trains. Des trains rapides ou bien très lents. Des trains de vie. Il lui est bien arrivé de se risquer à monter, attiré par un rire, encouragé par un sourire mais il n’y a pas cru, pas assez et continue de marcher. Il fredonne une chanson de William Sheller Il voit à l’horizon s’ouvrir implacablement la gueule béante d’un tunnel, son tunnel. Le chemin est pourtant déjà bien difficile le long de cette voie, faut-il donc qu’il y ait un tunnel ! Il le sait, là bas, plus d’éclaircie, plus de soleil, plus de rire ou de sourire à dérober au passage d’un train. Il appréhende ce tunnel, traîne un peu les pieds mais ne peut s’arrêter, ne peu revenir en arrière. Combien de temps pour le traverser, combien de temps à errer ainsi dans les ténèbres. Il veut encore y croire et cherche du regard un chemin de traverse, espère encore en vain, le sait mais persévère dans l’erreur de sa vie car n’ayant d’autre choix que celui d’avancer, sur ce chemin. Il marche seul. Chacun sa merde comme on dit vulgairement. Il marche dans le noir, dans le froid, peur au ventre cherchant cette lueur qui lui annoncera le bout du tunnel.
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