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Une ombre se faufile dans la ruelle aux pavés glissants, inquiétante sous la pluie. Une ombre qui ondule sur les murs au gré des réverbères. La vieille horloge égrène les douze coups de minuit dans ce quartier de Londres en l’année 1888.
Max, chat de gouttière arpente les rues du quartier de Whitechapel en quête d’une souris à se mettre sous la dent. Il ne dénigre pas de faire les poubelles, il est chat bien élevé mais les gens sont plutôt pingres en ce quartier et leurs poubelles bien peu garnies. Un cri, un hurlement, le bruit d’une chute. Max a l’ouïe fine. Il a sursauté non pas de peur, Max l’intrépide n’a jamais peur, mais par simple réflexe félin. Max veut tout savoir, tout connaître. C’est son quartier, il en est quelque part le maître. Qui a crié ? Cri de souris à deux pattes, quoique inhumain. Max se laisse guider par son odorat très développé. Au fond de cette ruelle, sous un porche, un bipède semble vouloir dépecer un de ses congénères. Max tapie dans un coin est surpris mais certes pas épouvanté, il éventre bien les souris lui aussi. Il regarde faire l’individu, étudie sa méthode, peu orthodoxe et bien approximative à son humble avis de chat de gouttière. Il est vrai que le pauvre fait ce qu’il peut avec un objet pointu et tranchant, aux reflets métalliques. Max regarde ses griffes, la nature l’a certes mieux doté. L’homme est parti en laissant, gisant sur le sol, le plus gros morceau de sa proie. Il ne semble avoir emporté que quelques abats. Homme de peu de goût se dit Max qui, reniflant le corps ensanglanté, commence à y goûter. C’est Noël se dit Max qui mord à pleine dents dans la chair encore tiède. Il faut faire vite. Déjà il entend, sifflements et bruits de bottes dans la ruelle.
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