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L'angoisse de l'écrivain. |
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Imaginez, non pas l’angoisse de la page blanche, mais celle de l’écrivain prisonnier de sa plume, de son texte.
C’était une sombre histoire, un polar à deux balles, un truc qui se vendait et qui, s’il ne rapportait pas gros, lui permettait néanmoins de vivre de sa plume. Un personnage récurrent, des histoires invraisemblables mais le lecteur y trouvait son compte et l’éditeur lui envoyait son chèque et il se bourrait la gueule pour fêter l’évènement et se donner le courage nécessaire pour continuer… Son œuvre… On frappe à la porte du petit deux pièces de la rue du Cheval noir. Fred regarde la bouteille de whisky à moitié vide, lui lance une œillade. Faut se lever, putain que la porte est loin et que le plancher ondule. Il ouvre. Un personnage entre, le repoussant de la main. Fred titube à reculons et vient se rasseoir sur la chaise qu’il n’aurait pas du quitter. - Inspecteur Barrique, John Barrique. Fred roule de grands yeux étonnés. Merde ! Son personnage qui vient lui rendre visite. Manquerait plus que ça, qu’il lui réclame un pourcentage. Il a déjà tout bu. - J’irai droit aux faits. Vos histoires sont nulles. Vous me faites passer pour un con, un fat, un inspecteur ridicule. J’en ai marre, on échange nos rôles. Fred essaye bien de répondre quelque chose de cohérent mais sa langue pâteuse adhère à son palais. Flash ! Fred se retrouve dans la rue, il a pris dix centimètres et perdu dix kilo. Un objet pèse dans la poche gauche de son imper élimé. Un colt. Dans la poche intérieure une carte de flic. Angoisse. Merde, se dit Fred. Et ce con de John qui ne boit que de l’eau.
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