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Le char recula de quelques mètres pour se placer à couvert des cailloux, briques, tuiles qu’on lançait, bientôt des bouteilles d’essence enflammées, peut-être des panzerfaust rentreraient dans la danse et lui donneraient un autre tempo.
Dieps fit un tour d’horizon avec le périscope de la tourelle. Les barricades, les filles de putes étaient nombreuses ; même pour les 56 tonnes du Tigre, elles étaient redoutables. Günter compta les douilles des obus qu’il restait à tirer, vida une partie de sa gourde sur son crâne, les recompta comme si la flotte qui ruisselait sur ses cheveux filasses les avait multipliés. Franz faisait la gueule. Franz faisait toujours la gueule ; moi je cherchais un moyen de nous sortir de cette merde, je cherche depuis quatre ans un moyen de me sortir de cette merde ; les autres font semblant de croire qu’on a une chance de passer entre les lignes pour rejoindre la VIème Division ; pas avec cinq perforants et trois incendiaires, pas avec moins de dix secondes de bandes pour la 12,7. Dieps a mis le Maybach à l’arrêt pour économiser la sauce, mais Franz a hurlé de le remettre en route, Franz commençait à flancher mais c’était le lieut’ alors Dieps a remis le moteur en route en crachant. Dieps crache toujours quand il approche de sa limite, un peu comme le chat qui met ses oreilles en arrière, Dieps n’avait pas de griffes, juste son Lüger et Franz est tombé à côté de la pédale de freins le crâne défoncé. Dieps a demandé « à qui le tour ? » et on a calmé le jeu avec Günter, c’était deux secondes avant que la roquette du Thunderbolt nous touche à la base de la tourelle. Les toubibs disent que j’ai eu de la chance mais y’en a pas un qui voudrait avoir ma gueule maintenant...
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