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Ce qui est dit doit être fait... |
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Bert serra la mâchoire autour de son chewing-gum en découvrant la scène des crimes. La voisine s’étonnait de ne pas voir la mère lui amener la petite dernière qu’elle gardait tous les jours ; elle a appelé les flics...
Bert n’avait pas beaucoup de bouteille catégorie massacre à la chaîne aussi il se contenta de fixer CNN qui tournait en boucle sur l’écran plasma et de gueuler aux ombres qui gravitaient autour de ne rien toucher, bordel ; mais personne n’avait envie de toucher quoi que ce soit ; juste de sortir, putain et vite encore. Bert attendait les ordres. Le type un peu enrobé étendu en slip, avec une décharge de chevrotine dans le dos, sur le carrelage de la salle de bain avait tenté de protéger la petite. Sa femme n’avait plus véritablement de visage et le fils était recroquevillé dans le garage au volant d’une Dodge décapotable qui n’avait pas démarré assez vite pour éviter la volée de plombs à gros gibier. Seule Kim, la fille, un clone de chanteuse canadienne anorexique percée de toutes parts avait échappé au carnage, sans doute parce qu’elle dormait chez une copine ; elle et son affreux chien qu’on avait enfermé dans la buanderie au lieu de le flinguer ; Bert avait noté le truc en semblant s’intéresser au prochain ouragan qui menaçait la Floride à la télé. Deux mois après, les nuits de Bert étaient toujours peuplées de blondes décapitées, Dodge sanglante, bedonnant éventré.
Il ne trouva un sommeil relatif que lorsqu’on dépendit John V de la poutre maîtresse de la tour des tuyaux de la caserne des pompiers.
John ne supportait pas l’idée de voir Kim partir pour New York parce que son vieux venait de décrocher un nouveau poste. Il lui l’avait dit. Elle avait souri alors.
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