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Il appelle ses chats puis me regarde et son air attendri se durcit jusqu’à dessiner le dédain, le dégoût, la haine.
Larmes sur ma joue, gouttes de pluie mêlées, reflets mordorés sur la lame. Regard désabusé, peur, souffrance, questionnement mélangés suite au coup porté sans égard. Un pourquoi suspendu à la lèvre qui bave salive et sang. Soubresauts de ce corps qui s’affale alors que la vie le quitte. Je sors un mouchoir, essuie méticuleusement la lame effilée du couteau au manche noir maculé de taches brunes. Au sol, une poêle et son contenu répandu. ADN. Ces lettres résonnent en moi, comme le signal strident d’une alarme que j’aurais déclenchée. Tout nettoyer, ne laisser aucune trace. Je lave le couteau, lame et manche en prenant soin de ne pas me couper, dans une flaque d’eau. Mon calme apparent se retient de sauter comme la soupape trop sollicitée d’une cocotte. Mes idées se bousculent s’entrechoquent se télescopent s’annihilent. Ne pas succomber à la panique. Faire disparaître toutes les traces. ADN. La petite cour sombre derrière le restaurant résonne encore du silence oppressant. Je me relève. Pourquoi m’a-t-il résisté ce con, je ne demandais rien qu’à partager un peu de restes avec les chats. Pourquoi m’a-t-il bousculé… Dans l’embrasure de la porte de service, une ombre vient de s’effacer. Quelqu’un m’a vu. Un long frisson me parcourt l’échine, mon sang martèle mes tempes. Me calmer, il le faut. Je saisi le couteau à lame repliée déjà rangé, l’ouvre. Je m’avance, ma démarche incertaine se précise, je pousse la porte. Faire disparaître toutes traces.
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