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Portrait brossé par une femme aimante |
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Je vous livre l'image qu'il me reste de E. Vous verrez malgré toutes ces souffrances que je l'aime encore.
E.
Je me souviens.
Tes yeux clairs comme une rivière en cascade, translucide. J'aurais tant souhaité que ton regard se pose sur moi avec plus de tendresse et d'indulgence. Ah ! Tes yeux !
Je me souviens.
Ta bouche en forme de coeur, d'un rouge chatoyant, tes lèvres épaisses et tentatrices que j'adorais embrasser sans limite. Ah ! Ta bouche !
Je me souviens.
Tes jambes interminables, dans tes pantalons de lin l'été, ton torse si peu velu et large, ton petit ventre de gourmand sur lequel j'aimais poser ma tête le soir au moment des câlins.
Ah ! Nos câlins !
Je me souviens.
Tes petits pieds taille 42, je les vétissais des plus jolis souliers.
Ah ! Tes pieds... Quel pied !
Je me souviens.
Ton accent chantant, ta voix douce. J'aurais espéré d'elle des mots plus doux, plus de mots, plus d'amour.
Ah ! Ta voix !
Tu me manques malgré tout.
Pemba forever.
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