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Il faudra bien un jour que la chance se présente à moi. Je l’attends de pied ferme je ne veux pas la décevoir. Je saurai la reconnaître.
Je saurai la saisir. Je serai courtois avec elle mais lui ferai tout de même sentir qu’elle a mis le temps de venir. Elle ne s’offusquera pas, j’aurai mis les formes. Désinvolte, elle me répondra que je ne suis pas seul, qu’elle se mérite et qu’il ne suffit pas de l’attendre pour qu’elle se présente. Et elle aura raison. Et je prendrai un air contrit, juste ce qu’il faut pour l’amadouer, de peur qu’elle ne s’envole. Il ne s’agit pas de la laisser passer. Peut-être me dira-t-elle qu’elle m’a déjà souri et que je n’ai pas su la reconnaître. Je hausserai les épaules en signe d’étonnement tout en tournant la tête en signe de déni. Je lui dirai que son sourire était bien pâle et bien lointain, qu’un autre a dû la saisir avant que je ne le puisse. Elle sourira narquoise mais me laissera le bénéfice du doute. Elle me dira : « C’est ton tour et je ne suis là que pour toi » Elle s’offrira à moi, s’en sera presque indécent. Voluptueuse, insistante en femelle avide de faire mon bonheur… Je m’égare un peu. Oui mon âme ! Soit patiente elle nous sourira je te l’assure.
Mais regarde là-bas, cette ombre qui se profile, légère. Elle me cherche, on dirait… Mais oui, c’est elle, regarde elle s’avance vers nous. Je le savais bien, je te l’avais dit. Ô mon âme! Tressaute de joie, la chance bientôt est à nos côtés.
Que dis-tu ? Tu ne me crois pas ? Tu ne la vois pas qui s’approche ? Tu dis que c’est La Mort. C’est ça, mon âme, La Mort… C’est notre chance à nous.
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