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Il règne dans la maison une odeur de propreté, de vide, d’absence. Pas un cri, pas une porte qui claque.
Il passe à pas feutrés, d’une pièce à l’autre pour voir si tout est en ordre pour le cas ou… Non qu’il espère quoi que ce soit ; mais sait-on jamais … Il ne voudrait pas être surpris. Une musique filtre depuis le salon, un morceau des Who. Il n’écoute pas vraiment, il meuble le silence. Il est trop occupé, tant de choses à faire… Mais quoi !
Elle est partie. La vie, avec elle, était devenue impossible. Elle l’étouffait, l’épiait, le surveillait, l’assommait de ses remontrances incessantes. Elle lui imposait ce qu’il fallait faire et ne pas faire, qui il fallait recevoir. Alors, petit à petit, il est entré en résistance, guerre d’usure, guerre des nerfs. Et il a gagné le combat, enfin, il croit. Maintenant c’est différent, il est libre. Mais ce n’est pas simple, il n’a pas l’habitude de décider pour lui-même. Il veut que tout soit parfait comme quand elle…. Non il veut vivre, respirer…Il veut oublier.
Assis à son bureau, il contemple l’écran dont il peut enfin user sans guetter sa présence, sans sursauter à son approche. L’ennuie c’est qu’il ne sait plus trop quoi en faire. Avec l’arrêt des hostilités, c’est un peu sa motivation qui s’est envolée.
Il ouvre le tiroir de son bureau. L’instrument est là, dans son écrin, son Joker. A n’utiliser qu’en dernier recours, se dit-il. Ca semble lui redonner du courage de savoir qu’il possède une clé pour la porte de sortie.
Qui sait ! Demain peut-être.
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