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Change ton fusil d’épaule avant que de vouloir abattre ta femme.
Il vient enfin de se décider à tuer son épouse. Une lueur de sagesse dans les yeux, il s’approche d’elle, un marteau à la main.
Pourquoi ?
Je serais bien incapable de vous répondre. Célibataire endurci – comme on dit –, je m’interroge souvent sur l’attrait de la vie en couple. Que deux personnes de sexe contraire ou semblable décident de cohabiter en se jurant bonheur, fidélité et harmonie pour le restant de leurs jours m’a toujours impressionné. Comment, ne pouvant se supporter soi-même, peut-on avoir l’inconscience de doubler la charge ainsi que l’âne bâté à l’excès ?
Peu importe ce point de vue personnel. Revenons à l’époux, le marteau à la main, s’approchant à pas feutrés de son épouse en train de faire la vaisselle. Vous me diriez qu’il y aurait moindre mal : le sang et la cervelle giclant directement dans l’évier. Un jet puissant du robinet, et hop ! ça de moins à nettoyer.
Mais le corps ? Il faudra bien se débarrasser du corps. Or sa femme étant une forte femme, à l’embonpoint considérable, il ne lui sera pas simple de la faire disparaître, vu ses maigres forces de gringalet…
Cette réflexion opportune l’arrête net à l’instant où il va abattre le marteau sur le crâne de « la femme de sa vie ».
Voilà. Et que les maris en instance d’occire leurs épouses réfléchissent d’abord aux conséquences de cet acte salutaire.
P.S : Il est bien entendu, afin que je ne passe point pour un incurable misogyne, qu’il est possible d’inverser les rôles.
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