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spécimens dont je ne suis pas sûre qu'ils soient en voie de disparition...
Ils se cocufiaient mutuellement, l’air de ne pas y toucher. Chacun sur son quant-à-soi. Presque un couple uni, pour ainsi dire. A y regarder de plus près, lui, rasé de près, mais surtout le crâne, pontifiait sur le malheur des autres, penché sur son air concerné, ajoutant : « ma femme a des goûts de luxe : elle m’oblige à partir en vacances dans un 5 étoiles. Trop cher ! ». Surtout quand on vient de s’offrir un 5 pièces rue Ranelagh « avec-vue-sur-les-toits ». A y regarder de plus près, elle, blondasse, manucurée, pétasse, fonctionnaire, je crois. Pontifiait pendant les séances chez l’esthéticienne : mon mari a des goûts de chiotte : il préfère partir dans le désert du Sahara en 4X4. Trop peuple ! ». Mon banquier me l’avait susurré : vous devriez acheter ces actions là, comme votre collègue de travail, qui a fait aussi une belle acquisition immobilière le mois dernier. Le chauvinet. A grosses dents, et gourmette clinquante. L’œil aux aguets sur le cul des filles. Pleurant sa jeunesse qui a outrageusement dépassé la date de péremption. Gâté, en un mot. Ils marchaient dans la rue, lui devant, tirant sur le cul des filles, elle légèrement en retrait, dans un sillage lourdement parfumé qui n’en pense pas moins. Je crois qu’ils allaient encore chez le banquier. Non, je ne sais plus. Chez le traiteur ? Ah non, ça y est, je me souviens, ils allaient à la messe.
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