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Nous marchions à 2 nous marchions à 7 nous marchions à 15 Rebecca toi et moi ce jour-là. Edinburgh nous pissait sur la tête. Quelques touristes, pas beaucoup, crachaient dans le cœur à St Giles pour un peu de chance.
Tu m’as dit : « il te faudra bien plus que toute cette pluie pour grandir un peu. »
Rebecca, certains souvenirs sont si douloureux qu’il faut se retenir pour ne pas lâcher des tas d’insanités sur son clavier. Certains mots, je les balance comme à regret.
Alors un bus passa et nous gicla dans les jambes.
Rebecca ça me faisait toujours un effet étrange quand tu peignais des nénuphars en regardant les étoiles ou bien un cimetière du Galloway quand se déroulaient les guirlandes de noël dans les parcs. Là où la vieille ville glisse dans la ville nouvelle, tu peignais je buvais, advienne que pourra - je t’attendais, j’avais l’impatience patiente ce jour-là.
Certains souvenirs s’entretiennent comme des tombes.
Alors quelqu’un se mit à hurler le retour du Seigneur sur Charlotte Square.
C’est le 24 au matin qu’on a appris la mort de Paul. Et l’alcool mitrailla ses atomes comme une volée d’hirondelles blessées dans mes tempes.
Tu t’es mise à peindre de plus belle après avoir raccroché ton portable. Des lagons aux eaux multicolores surgirent derrière les immeubles de pierre noire. Des lignes d’horizon fuyantes là où les ruelles tournaient presqu’à angle droit.
On est montés sur Arthur Seat et toi qui soufflais comme un pachyderme joyeux ; on a regardé Edinburgh trainer sa queue de chat sous le déluge de brume.
A la fin de la promenade, le N°3 est passé devant nous.
« Qu’est-ce que tu veux pour noël ? » m’a lancé Rebecca, avant de s’aplatir sous le bus.
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