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Soudain je la reconnais. Sa silhouette frêle se dessine sur les pavés de la place Stan, elle est juste au pied de la statue du Duc, celui qui montre du doigt, même que ce n’est pas poli.
Je lui fais signe de la main, timidement puis je m’enhardi car elle ne semble pas me voir. Alors tel un sémaphore, je m’agite. Sûr que les passants qui passent, que peuvent-ils faire d’autre, me prennent pour un fou, qu’importe ! Elle m’a vu et m’a répondu. Je m’avance vers elle d’un pas mal assuré, elle vient vers moi, quel émoi. Nous sommes là, face à face, immobiles, encore un pas et ce sera le choc alors mieux vaut ne pas bouger. Je balbutie son nom, c’est incompréhensible, c’est certain, elle sourit, c’est merveilleux, elle me sourit. Elle prononce le mien, je ne comprends pas à cause du vent et des bruits de la ville. Je l’invite à prendre un verre sur la terrasse d’un café de la Place. Maintenant qu’elle est là assise en face de moi, je ne sais plus que dire. Les idées, les mots se bousculent s’entrechoquent rien de cohérent ne parvient à passer le seuil de mes lèvres. Je la sens presque aussi gênée que moi, c’est désespérant. - Ce n’est pas facile ! - Pardon ? - Je dis, ce n’est pas facile, par écrit je suis plus à l’aise, j’ai des tas d’idées, alors que là… - Ah, bon ! - Et toi tu écris toujours ? - A qui ? - Sur Fulgures, tu écris toujours ? - Sur quoi ? - Sur Fulgures… - Qu’est-ce que c’est Fulgures ? - Tu es bien N… - Je m’appelle Natacha, mais toi tu n’es pas P… - Moi c’est Gérard. - Je me disais aussi… - Quoi ? - Que tu avais changé. - Euh ! Et à part ça, quoi de neuf ?
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