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Je ne vous dirai ni quand ni comment je l’ai tuée, ni où j’ai caché le corps. Le commissaire a réussi à me déstabiliser à deux reprises, je me suis vite repris. J’ai tout de suite su que la bataille serait acharnée mais que j’en sortirais vainqueur.
Isabelle est une femme merveilleuse. Nous formons le couple parfait, tous nos voisins, vous le diront. Isabelle montre une certaine forme de lassitude. Alors nous inventons un jeu. Non, je ne vous en dirai pas plus sinon que j’ai gagné la première manche. Le commissaire m’a passé sur le grill, il s’est montré rusé, alternant les périodes d’interrogatoire musclé et les phases de franches discussions entre amis. Je n’ai pas flanché. J’ai su me montrer désespéré, abattu, sans trop en faire. Souvent j’ai lu dans ses yeux une lueur d’excitation, de plaisir, il pensait me saisir. Puis cette lueur retombait. Mais je n’ai jamais vu le moindre signe de relâchement, d’abandon. Les meilleures choses ont une fin. Encore un crime inexpliqué, une fugue bien que cela paraisse improbable, un enlèvement sans demande de rançon.
Il a son intime conviction. Je suis coupable mais il n’a aucun moyen de le prouver pas la moindre trace de début de preuve pour étayer cette thèse. C’est excitant. La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était chez moi. Il a sorti son tabac pour en rouler une. Il me fixait dans les yeux. Il devait y chercher un signe pour rebondir. Il m’a dit : - Ne vous en faites pas, je vais aller la fumer dehors. Puis il a rajouté : - Vous savez, le crime parfait, c’est celui qui ne profite à personne.
Je cherche Isabelle la première manche est terminée mais elle ne veut pas revenir. Je suis désespéré. Pourtant j’ai bien recollé les morceaux.
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