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C'est con la vie, c'est con, surtout quand ça s'arrête.
Ca lui tombe sur le coin de l’œil. Ca lui coule sur la joue puis vers l’oreille, le long du cou. C’est encore tiède, c’est gluant, collant. Il voudrait bien de sa main balayer tout cela mais sa main semble coincée quelque part, loin, très loin, trop loin. Sa main ne lui obéit plus, il voit ce bras qui bouge lentement mais qui ne se termine plus par rien. Merde se dit-il. Il voudrait se lever mais il sent dans son dos un pied qui appuie, au bout d’une jambe anormalement tordue, pliée contre toute attente. Merde se dit-il encore. La vie c’est con ; on blague, on rigole, on se croit plus fort que la mort et tout à coup elle vous rappelle à l’ordre et la tôle froissée vous enserre et là, vous savez que ce n’est plus qu’une question de temps. Vous voudriez regretter, prier, pardonner, mais vous ne savez par quoi commencer, et l’autre à côté qui est encore pris de soubresauts et qui vous envoie de son sang par petites giclées. Son cops sans âme laisse encore s’échapper des souvenirs de vie. Vous n’avez pas mal et vous pensez que la colonne est rompue quelque part, que des nerfs sont sectionnés. Vous n’avez pas mal mais vous commencez à ressentir le froid qui vous envahit en plein mois d’août, sous un soleil de plomb. Vous aviez encore des choses à faire, des choses à dire, à qui ? Vous avez déjà oublié. Vous voudriez prier, mais qui, vous avez déjà oublié. Vous voudriez simplement… Quoi déjà ? Vous n’arrivez plus à penser… Dormir, dormi…
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