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Je m'en fous de bien aller, je vais c'est déjà pas mal.
Fatou me demande du sopalin, Adrienne se plaint de ses voûtes plantaires. Le pare-brise de la camionnette a été caillassé durant la nuit, ça va encore me coûter.
Pain au chocolat congelé dans la voiture, en quittant la zone industrielle, goût désagréable au fond de la gorge, qui persiste.
Onze heures, café journal en terrasse. Brahim me rejoint et on discute, de sa fille qui vient de commencer l'école, de sa femme et pas de la mienne, très vite j’enchaîne sur la livraison de demain soir à Marseille.
Françoise téléphone à trois heures, elle s'ennuie. Son loft, quatre cent mètres carrés, baies panoramiques même dans la chambre, propriété de son chirurgien d'époux, qui ne se gêne pas de son côté.
Mon épouse au milieu, seize secondes chrono par portable, m’annonce que l’aînée vient manger à la maison. Je réponds de ne pas m'attendre, et quitte le lit de Françoise, ses incontrôlables hormones.
La nuit tombe. Un restaurant étoilé sur les quais, strass et président de la chambre de commerce, ordre des pharmaciens et société des journalistes, monsieur le député en train de parler à monsieur le sénateur, dans le grand fracas des fourchettes et des verres qui remplissent les bouches.
Je dois voir le maire pour une histoire de permis de construire.
Brahim en prend plein les yeux, jamais vu ça le gamin. C'est bien, il faut qu'il renifle, quand il en aura plein le nez il ne pourra plus s'en passer. Il sera mûr.
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