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Ils ont eu le choix : la forteresse ou l’usine. Tous des lâches, des déserteurs, des défaitistes qu’il nous faut rééduquer d’urgence...
Dzebd tranche encore une tête et jette un regard perdu à la clepsydre qui laisse couler le temps en un filet noirâtre, enchaîne son travail mécanique en la plaçant dans un sac hermétique que la machine estampille et laisse glisser le corps étêté sur le tapis roulant, vers Skyzr, qui déjà conditionne une autre partie. La petite minute de répit qu’il attend depuis trois heures ne lui sera accordée qu’au changement des équipes du surgelage, au bas mot d’ici quarante minutes, et ça ne l’aide pas à se concentrer. Il massacre la suivante, doit interrompre la chaîne et se prépare déjà à recevoir la décharge du contremaître qui contrôle l’atelier depuis la salle vitrée qui surplombe les chaînes de démembrement. C’est sa première erreur de la journée alors la décharge sera légère, mais c’est Drsit qui surveille, et son truc à Drsit, c’est de ne pas punir tout de suite, d’envoyer la décharge quand on n’y est plus préparé. «Le mal soulage», c’est sa devise à Drist, un ancien prêtre, d’après les rumeurs des plus vieux, un drôle de paroissien qui allait passer en justice pour des trucs pas très catholiques dans sa paroisse quand il y a eu l’épidémie, et il a tiré son épingle du jeu, tranquille maintenant du bon côté des manettes...Dzebd s’applique à trancher la tête du poulet qui se présente en redoutant la décharge, ça n’aide pas à la concentration mais la main ne doit plus trembler. Plus jamais.
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