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Sur un banc, un homme, déjà mûr, aux tempes grisonnantes. Vient s’asseoir à ses côtés un étudiant, sans doute , qui se plonge dans un recueil de poésies au titre évocateur, un doux hommage à la vie.
L’homme bouge, s’agite et lance ceci :
-Et à quoi vois tu que la vie est respectable ? -?? -Fais donc le compte des gisants, des désespérés, des laissés pour compte et des incurables, et reviens me voir, s’il te reste un brin de ce fol espoir, qu’hier encore tu nourrissais. Va, foule de tes pieds la merde des prisons, des hospices, des asiles, et si tu as encore la godasse propre et le pied ferme, enjambe ce corps… Oui celui-là, qui t’observe de ses yeux avinés, couché sur un carton, seul et dernier cadeau de l’humanité…
Enjambe le et tourne à droite… Je sais, c’est la Cité, mais va, entre sans crainte, ils ne sont pas méchants...
A quoi vois tu que la vie est respectable ? Quand d’un coup de cran d’arrêt cette vie là est volée, au cœur d’un wagon plein de cette indifférence insigne qui fait se tourner les têtes, et descendre les cœurs à la prochaine station ?
Quand dans cette cave, la fille est ouverte, offerte aux copains de triste volonté qui bandent mou mais qui bandent pour faire comme la bande, hein ?
A quoi ?
Tu te raccroches aux poètes aux rimailleurs aux utopistes, mais tu passes un peu vite à côté de cette rue...là tu vois, au deuxième, sans ascenseur, un soir d’été, le feu a pris. Tu en vois encore les traces, dis tu les entends ces cris ?
Il a un remède à cela ton jongleur sémantique ?
-Excusez moi monsieur, c’était le seul banc disponible. -Partez.
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