|
Il arrive tout sourire, se pose devant moi et dit du haut de ses 85 kilos ‘J’ai bouffé 2 steacks’.
Puis il se met à bosser le bide coincé contre le bureau, courbé pendant quatre heures.
Ensuite il s’engouffre dans sa bagnole, lâche une énorme caisse qu’il a du mal à extraire de la manche de son pantalon, stoppe en dérapant sur les gravillons et sans se retourner se dirige vers la porte d’entrée. Ce qu’il aime c’est entendre le clac des portières qui se verrouillent, ce qu’il aime c’est tout ce paquet de technologie active autour de lui.
La porte d’entrée ? Epais cerclage en fausse pierre de tuffe, une porte en bois double couche isolée avec un judas et une grille composée de quatre barreaux de fer forgé. Dissimulé sous une gouttière le détecteur de mouvement, arrivée royale, pleins feux sur l’allée et le jardin. Ca allège ses gros jambons tout ce décorum, et ces petits fils électriques enterrés, dissimulés, tout ce parcours pour pas lui blesser la vue, ce qu’il aime c'est cette servitude high tech.
Il est chez lui, la télé monologue à fond, il entend pas assez fort, il monte le son, il allume les lampes aussi, faut que ça flamboie, et que ça rutile, il est presque à son aise maintenant, ne serait ce ce petit creux au ventre.
Alors il s’installe dans sa cuisine, allume la deuxième télé, se décongèle 2 pizzas au micro onde et le lendemain il arrive tout sourire, se pose devant moi et dit du haut de ses 86 kilos ‘J’ai bouffé 2 pizzas’.
|