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Linda, Dolorès
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Écrit par Luc Akicia
  


Je ne sais pas comment je me suis retrouvée là, juste des rues bleues, des gyrophares et des klaxons, des grappes de gens.

L'appartement est grand, elles sont deux. D'abord j'ai vu la blonde, un grand front et des pommettes roses, puis la rouquine, en réalité la couleur porte sur le rouge, elle bave sur l'épaule de l'autre.

Je me souviens de ce que je vois toutes les nuits quand je sors, et je sors toutes les nuits, les regards des hommes et ceux des femmes, la jalousie qui s'y niche et l'envie aussi, du claquement de mes talons sur le pavé passé, des impasses.

De longs cheveux, qui vont jusqu'au drap, remonté jusqu'au milieu de son dos blanc.
Je me souviens qu'il y avait des restaurants, j'ai mangé de la viande, je me souviens d'une main.

Au plafond, le ventilateur tourne tant qu'il peut, peut-être que je ne l'entends pas.
Au plafond, un miroir, je suis blonde aussi, peut-être que je ne le savais pas.
Toute petite, certainement jolie. Je sens un relief dans une poche du pantalon, un bout de papier.

Peut-être que je sais lire, c'est marqué Linda, Dolorès, et un numéro de téléphone.
Le portable doit être dans l'autre poche, ça sonne dans la chambre.

Une fois, deux fois, les filles ne bougent pas, trois fois, les filles bougent pas.

Je regarde de plus près la rouquine, sa bave est sèche.
La peau de la blonde est rouge sous l'épaule gauche, là où son cœur est.



Commentaires
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Albert   |2008-06-30 11:17:56
bon on est là au milieu diu film et ça avance bien à l'horizontal avec les répétitions, l'ambiance un peu sud américaine, l'amnésie, c'est bien écrit, léché.
Je dirais que ça manque un peu de violence pour me captiver mais je ne suis pas une référence !!

Réponse de l'auteur :

La violence existe, mais je ne l'exprime pas dans ce texte, elle est sous-jacente. Merci de ton commentaire, Albert.

Pierre DKR   |2008-06-30 13:50:18
ambiance Kill Bill pour moi, plutot NM. j'ai regretté l'onomatopée, qui n'ajoute rien au récit et casse un peu le style je trouve.

bien aimé le survol des regards.

Martha disait que la sexualité, ce n'est pas qu'une question de copulation entre organes génitaux, c'est lorsque tu rentre dans une pièce pleine de gens du sexe opposé au tien, et que tu sais exactement à qui tu plais et à qui tu ne plais pas, et pourquoi. Et que lorsque tu rentres dans une pièce pleine de personnes du même sexe que toi, et que tu sais à qui tu plais, et ne plais pas, et pourquoi.

Réponse de l'auteur :

kill bill ? Etrange, je ne suis pas très fan de tarantino en rêgle générale... mais bon, je ne vais pas me plaindre de la comparaison non plus. Merci de ton commentaire, Pierre, le survol du regard est le noeud central du texte, tu l'as bien compris.

catox   |2008-06-30 14:42:28
le leitmotiv sur le 'je me souviens' ça donne un sacré point de vu, on s'dit qu'il est zarb l'auteur... bonne ambiance.

Quant à la descriptions des appareils génitaux, formidable.

Réponse de l'auteur :

Je suis zarb, c'est incontestable, écrire plus de quatre heures par nuit rend zarb. Merci de m'avoir lu !

Georges Elliautou   |2008-07-01 10:44:11
Une atmosphère où se chevauchent passion et situation.

Réponse de l'auteur :

L'atmosphère, c'est la clef. Merci, Georges.

Hervé G.   |2008-07-01 15:42:26
Pas vu d'appareils génitaux, Catox...

Pour le reste, le style made in Lucky Akicia, 100% atmosphère... 100% du bon, du bon...

Juste ce qu'il faut pourque ça plaise et, chaque fois avec la lecture de tes textes... pour que ça reste inscrit là, dans nos mémoires !

;o)

Réponse de l'auteur :

Merci msieu, merci beaucoup beaucoup ;-)

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