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Manger du singe, un bras de gorille. Regarder par la fenêtre, les arbres se couchent sous les bourrasques, le vent traverse jusqu’à la mer. Les yeux vers l’extérieur, comme s’il allait falloir fuir.
Elle attend comme ça depuis des années, peut-être a-t-elle toujours attendu, c’est ce qu’elle se dit. Puis elle remet du fioul dans la gazinière, regarde dehors et sort enfin.
Des pas sur le goudron d’un ciel de décembre, jusqu’au coin de la rue, son reflet en mouvement l’accroche, sur la devanture d’une boutique d’habits.
Trois secondes dans la cabine, juste le temps de juger de l’effet de la soie verte sur le noir. Le soleil tâche plus fort à Douala.
Feu au blunt, qu’elle avait fabriqué dans sa chambre, quelques minutes plus tôt, les mains trépidant d’impatience, puis elle attend au carrefour, le fume très vite.
Il débarque sur le coup des seize heures, des rougeurs sur le front, sourit en se grattant la tête. Le gel la mord une nouvelle fois, cette jupe est trop courte pour couper au frisson.
Comme deux chats. Il frotte ses épaules, elle se blottit contre son torse, puis un flash la prend par surprise, ce sont : des gorilles à un bras, des antilopes et des chimpanzés, des arbres par millions, le bleu trop bleu sur la canopée.
Elle ouvre les yeux, il la fixe, un sourire de carnivore.
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