Une ville la nuit, c'est beau comme un solo de saxophone qui s'élève et résonne dans le ciel, tonnerre cuivré sur mélodie citadine aux accents décadents.
Le ballet des lumières qui s'allument et s'éteignent dans les tours de verre provoque un sentiment rassurant de quiétude, je ne suis pas seul malgrè tout...
Je suis Dieu sur mon nuage contemplant la création de l'homme. Je me gave des sonorités rassurantes des véhicules et des piétons, j'absorbe les bruits et les rires qui se répercutent de toits en toits en échos intemporels... certaines voix semblant surgir de mon passé me laissent dans un état situé entre nostalgie et mélancolie... Des souvenirs issus d'un autre temps, d'un autre moi, me submergent en vagues douloureuses.
Une sirène déchire le bourdonnement de la ruche et me ramène à la réalité. Alors je zappe, de fenêtre en fenêtre, me goinfrant de tranches de vie. Ma télévision n'a qu'un programme qui s'appelle la vie, c'est captivant.
Des hirondelles manifestent bruyamment en chantant un air d'Italie. Je les aime, parce qu'elles sont libres, parce qu'elles sont vivantes, parce qu'elles sont belles, parce qu'elles nous survivront...
C'est beau une ville la nuit...