|
Et puis un ventre énorme qui fait des roulés-boulés par dessus ma ceinture. J’ai les doigts boudinés. Et après ? On me dit que c’est de ma faute. Que je n’ai aucune volonté. Aucun amour propre. Ou peut-être que je suis pauvre !? C’est ça hein? J’ai pas de quoi manger équilibré ? On me cherche des circonstances atténuantes. Pour faire désenfler le problème. Mais il est où le problème ? Il concerne qui ? A part moi. Et encore…
On me montre du doigt, on me colle en première page des journaux pour alerter l’opinion publique. On me message publicitaire à tout bout de champ. Halte au sucre. Gare au gras. Les fruits et légumes sont tes amis. Ah, vraiment ?! C’est pas facile d’être pote avec un gros de nos jours. Surtout dans la rue. Y’a des normes à respecter mec !
Alors oui, manger ça me rend heureux. Est-ce que c’est vraiment grave après tout ? Et puis ça changerait quoi qu’on fouille dans mon passé, antécédents familiaux, drame ou que sais-je. Qu’on cherche un responsable à cette déferlante d’adipocytes qui me tue à petit feu.
Il faut bien mourir de quelque chose, merde ! Je fume pas, je bois pas. Je conduis pas non plus. La baise, inutile d’en parler... Alors oui, la bouffe c’est ma dope à moi. Tant pis pour mes artères qui se bouchent. Inéluctablement . Ensuite, il paraît que c’est le cœur qui lâche m’a prévenu le médecin. Je m’en moque. Il y a belle lurette que le mien est brisé.
|