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Ce frère que je brûlais de connaître...
Mes légères, évanescentes et cruelles demoiselles descendent de l’omnibus ; elles sont soeurs, cousines, amies, amantes peut-être dans l’esprit des messieurs qui aiment à les regarder à la sauvette, à la fraîcheur de leurs anisettes et par dessus l’édition du jour de leur quotidien financier derrière lequel il est si facile de reluquer le monde que l’on mène à la baguette du fer des aciéries, des forges, des usines et même des moulins, à la sueur du pauvre qui je l’entends bien, n’a guère d’autres excuses que d’être pauvre pour le demeurer.
Elles avancent, le panier garni, le mollet vif et l’oeil brillant ; savent les gestes à faire, les mots à dire, les ruelles à emprunter pour s’exempter des affidés délateurs et des quadrillages des sbires du préfet de police.
Mes pétroleuses sont maintenant dans le ventre de la ville ; qui diraient en les voyant la détestable –mais nécessaire- tâche qui pèse ainsi sur leurs fragiles épaules ?
Car enfin, nous ne pouvions en rester là !
Quoi ? Me résoudre à ce partage et me laisser dépouiller sans mots dire par ce frère dont on m’assure à grand renfort de papiers timbrés qu’il est bien mien, et plus âgé de surcroît !
Je guette par delà les toits les prémisses de la fête. Nous y sommes, une large colonne de fumée engage le ciel, une autre, puis une autre encore. Les gens s’affolent, on crie au feu et je vois mes salamandres remonter calmement le boulevard de la panique, sourire aux lèvres. Calixte, nous rentrons !
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