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aussi triste qu'une table de jardin |
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tu étais aussi triste qu’une table de jardin peut être que quand tu es triste les tables de jardin le sont aussi et les gens sont tristes, leurs rires sont tristes cet après midi
tu penses : curieux comme chacun s’accapare le monde le même monde façonné dans tous les sens un idem différent pour tous 'tain de raisonnement stérile ‘j’veux pas être un gros bouquin qu’on n’ouvre jamais !’ dis tu en marchant et tu poursuis : j’ferais mieux d’en profiter un bon coup moi j’veux d’la vie plein les mirettes qui bouscule et assourdisse avec de la bière – t’aimes bien la bière ou en courant dans la ville c’est plus sain bref en profiter comme avant un adieu comme une dernière fois genre répit sous la guillotine
dieu que non, tu es idiot de dire tout ça les adieux, les au revoir ça t’paralyse bien sûr, tu t’ rappelles maintenant les adieux où ton ventre et tes fesses sont gelés en deçà des os où t’as les humeurs toutes noires de goudron
tu continues, tu peux pas t’empêcher de penser : curieux comme on peut faire rayonner le monde nous au milieu de lui et en fait il n’en est rien arrêtes arrêtes arrêtes t’aimes pas ces idées elles t’enfoncent t’immobilisent tu serais bien mieux assis à la terrasse d’un café qu’au centre du monde
et finalement quand vient la nuit et qu’la fatigue commence à nous ralentir qu’on va dans nos jardins nous aérer la tête stupéfiant de voir comme le vent les nuages aussi sont las stupéfiant de voir comme tout finit par s’apaiser
c’est peut être juste ça au fond les misères de la vie ou le monde selon nous ou notre monde ou notre roman ou notre fiction je ne sais plus rien maintenant!
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