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la vie sur terre est un luxe |
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Son corps, qui se heurtait aux meubles lorsque le nuit envahissait son cerveau et que de se mouvoir pour se rendre aux toilettes avec autant de rêves en tête équivalait à parcourir un champ de mine, était couvert de bleus.
Le sang montait aisément à sa peau claire. Ses bras arboraient des griffures de chat énervé par ses caresses affectueusement brutales, d’éraflures de végétaux, de frôlures de murs rugueux de trop près et ses mains de brulure de four lorsque sortant un plat elle oubliait que la grille était chaude. Elle ne prenait aucun soin de son corps, restait des heures sous la pluie et dans les vents de tempête. Ainsi oubliait-elle cette enveloppe qu’elle ne reconnaissait pas comme sienne, au point que se croisant dans un miroir elle se saluait en étrangère polie. Au cours d’une hospitalisation pour fracture suite à ménage trop virulent et bataille avec aspirateur, elle rencontra un grand handicapé de la route, elle qui ne savait même pas conduire. Elle raconta ses tentatives destructrices, petit à petit,comme démolir une maison brique après brique à la main. Elle reconnu tergiverser avec la mort en lui proposant des blessures jamais mortelles. Sous ses bandages le grand handicapé émit faiblement : Tous ces ratages ne sont que l’expression de ton désir de vivre, sous cette forme en attendant une autre, alors prends les minutes comme elles viennent et cherche le plaisir partout où il se trouve.Moi je voulais jouir à outrance, je roulais vite mais un motard aussi givré que moi m’a coursé et balancé dans le fossé. Nous nous reverrons bientôt en l’enfer des imbéciles qui n’ont pas compris que la vie sur terre est un luxe pour les nantis comme toi et un paradis infernal pour les autres.
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