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Sur ma liste : « petits jus » et gâteaux pour les récrés, le souper de ce soir et mes mains fermement posées sur le caddie, décidée à ne pas m'éterniser.
Quelque chose flotte dans l’air.Quelque chose ralentit mes pas et dérive le caddie qui,imperceptiblement, finit par me promener.
Rayon des fromages.Il y a une telle variété ! J’achète toujours les deux mêmes alors que le rayon déborde véritablement. La prochaine fois, j’essaie celui aux noix. Me tirant de mes réflexions fromagères, une fille passe devant moi : le cheveu parfaitement aligné, trait d'eye-liner net et droit, visage reposé, colis La Redoute sous le bras. Et moi : jeans et sweat très féminin, baskets or et collier fushia. Il est 18h30 le khôl de mes yeux doit s’être estompé, les mèches effilées se promènent sur ma nuque. 1-0 pour La Redoute, ma féminité se cache ailleurs ce soir, je le sais.
Virage à gauche.Rayon confiseries.
Je n’avais jamais pris le temps de goûter toutes ces couleurs acidulées et, sans savoir comment,je me retrouve avec une boîte de Quality Street dans les mains. Bonbons de mon enfance, papier crissant et coloré, odeur de chocolat et café mélangés. Les grands-parents sont des traîtres en puissance : ils partent un jour sans prévenir et vous laissent, rayon confiserie, regard perdu entre Chokotoff et chiques* au café. Je quitte le rayon sans oublier les gâteaux pour les récrés. Frissons le long de mon dos et sur mes bras : l'enfance me salue d’un clin d'oeil sans doute...
Je termine mes achats, sors du supermarché, rejoins ma voiture. Je démarre. A la radio Amy Winehouse me soul un peu. Il est presque 20h. Soleil sur la ville.
*bonbons
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