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J’ai toujours rêvé d’être une hôtesse de l’air |
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De l’air. Besoin d’air. J’ai ouvert grand mes fenêtres ce matin, en espérant voir s’envoler mes doutes comme des oiseaux sauvages. Ou peut-être des pigeons. Qu’ils aillent chier sur la tête des passants ! Qu’ils me foutent la paix un instant !
J’ai fourré dans mon sac un slip, une brosse à dent. L’essentiel uniquement. Une escapade. C’est juste une escapade. Inutile de me charger davantage. La culpabilité pèse déjà bien assez lourd.
J’ai somnolé, le front contre la vitre du train jusqu’au premier arrêt. Une petite gare de campagne. Quelques personnes sont montées. Un gars s’est assis à côté de moi. Un drôle de type, très grand, très maigre. Un peu flou. Il a glissé son sac sous le siège et déplié sa tablette pour y poser ses mains. Juste ses mains. Bien à plat. Puis il s’est mis à triturer son alliance.
J’ai pensé aux hommes. A celui que je laissais. A celui que j’allais rejoindre. A tous ceux qui étaient passés dans ma vie. Nous les humains sommes des êtres terriblement compliqués, a murmuré mon voisin. Comme s’il lisait dans mes pensées. Il s’est tourné vers moi avec un demi sourire. Il a demandé, vous faites quoi dans la vie? Je suis hôtesse de l’air, j’ai répondu. Un mensonge de plus ou de moins… Je me demande si, quand on voit le monde de haut, les choses sont différentes, a lâché le type. Puis il a recommencé à regarder ses mains bien à plat. Et son alliance.
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