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J’ai paumé mon parapluie. Sans doute oublié ce matin dans le métro. J’avais pas les idées claires. Je sais bien, c’est pas un drame ce parapluie perdu. Mais ça me fait chier. Surtout maintenant qu’il pleut. Avec toute cette flotte sur mon visage on pourrait croire que je suis en train de chialer.
Mais moi je suis pas un mec qui chiale. Je suis un mec qui gueule, qui braille. Un mec qui cogne aussi parfois. Un mec qui merde, qui sait pas s’y prendre avec la vie. Un mec qui picole un peu trop, dans l’espoir de rendre les choses plus simples.
Evidement j’ai tout faux. Et c’est pour ça que t’as foutu le camp. Tu as eu raison. Je peux pas t’en vouloir. Sauf que j’aurais quand même aimé te dire au revoir. Te demander pardon.
Je me suis réveillé ce matin sur les indices de ton absence. Dans un lit froid. Si le pater était encore de ce monde, il me dirait qu’on n’a jamais que ce qu’on mérite. Et il me collerait une mandale mémorable. Comme autrefois. En me disant que ça ferait de moi un homme et d’arrêter un peu de chialer. Comme autrefois.
J’aurais aimé savoir faire taire le monstre en moi. Changer avant de te perdre. T’aimer sans rage. Mais je suis un faible qui se planque sous ses poings et sa grande gueule. Un chien qui mord parce qu’on l’a pas habitué aux caresses. Je suis impuissant et lâche. Comme un gars sans parapluie qui planquerait ses larmes sous le gris des nuages.
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